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    L'envers du décor

     

    Cher Journal,

     

    Je sais que je ne devrai pas être aussi excitée à l'idée de la St Valentin, mais je le suis !

    Et un peu plus tôt dans la journée, alors que je donnais un peu de lait à un chaton qui tournait autour de ma porte, j'ai trouvé sur le seuil une grande boite de chocolat en forme de coeur assortie d'une carte sur laquelle on pouvait lire "de la part d'un admirateur". Je n'arrivais pas y croire. Ce genre de chose ne m'était jamais arrivé. J'espère que ces friandises sont de Mortimer !

    Mais pas le temps de penser à ça pour le moment: je dois travailler. Mr Mort est venu très tôt ce matin pour me faire savoir qu'il avait besoin de moi aujourd'hui. Il semble que la marieuse de la ville, Mme Cecily Hastings-Noodle, soit décédée. D'après Mr Mort, elle était en train d'arranger un mariage entre la meilleure cuisinière de Yorkshire pudding (*) Annabelle Doohickey et Rudolph Woodholly, le boucher du village. Mais ni Annabelle ni Rudolph n'ayant d'argent, ils la payaient en saucisses et Yorkshire pudding. Et cela leur a presque pris 2 ans ! Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de préciser de quoi elle est morte...

    Mais cela peut m'être très profitable, puisque du coup je pourrais voir Mortimer et qui sait...peut-être qu'il vendra la mèche sur l'identité de mon prétendu admirateur secret.

    La suite demain...

     

     L'envers du décor

     

     

    *Contrairement à la grande majorité des puddings britanniques, le Yorkshire pudding n'est pas un dessert. Confectionné à partir d'une pâte à base de lait, d'œufs, de farine et de sel, il accompagne traditionnellement le plat principal.

     

     


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    15 Février 1946: Mon Valentin

     

    Eh bien, la journée d'hier a été un désastre!

    J'ai du préparé Mme Hastings-Noodle (ce qui n'a pas été évident vu que l'on a tout juste pu la faire rentrer dans le plus grand des cercueils que l'on ait, et qui nous sert de façon occasionnelle pour les chevaux); Et personne ne s'est présenté à la veillée. Il semble qu'elle n'ait pas été une très bonne marieuse. La plupart des mariages qu'elle avait arrangé au fil des ans se sont soldés soit par un divorce, soit par une mort. Et ceux qui sont morts n'ont pas fini de manière naturelle.

    Ajoutons à cela que Mortimer ne m'a pas adressé la parole. Même pas pour me souhaiter une bonne St Valentin. Ça ne peut pas être lui qui m'a envoyé la boite de friandises. C'est donc avec le dos douloureux et le coeur brisé que je suis rentrée à la maison pour retrouver Mouette et le nouveau chaton, que nous avons baptisé Valentine, en train de profiter des friandises.

    Il semble que Mouette et moi ayons trouvé notre Valentine après tout.

     

     15 Février 1946: Mon Valentin

     


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    24 Avril 1947: Un autre anniversaire ?

     

    Cher Journal,

    Il est presque minuit, nous sommes le soir de mon anniversaire... et il semble que tout le monde l'ait oublié. Mr Mort n'est pas là, il assiste a une convention des pompes funèbres, et Mme Daisy est partie rendre visite à sa soeur. Même Mouette et Bella qui me souhaitent toujours un bon anniversaire ne l'ont pas fait cette année. Je ne peux pas m'attendre à ce que Valentine y pense puisqu'elle est nouvelle ici. J'ai même attendu toute la journée à la maison, espérant que, peut-être, Mortimer passerait, mais je n'ai pas vu le début d'un commencement de sa personne. Tant pis, je suppose que je devrais aller au lit et patienter jusqu'à l'année prochaine.

     

    24 Avril 1947: Un autre anniversaire ?

     


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    25 Avril 1947

     

    Cher Journal,

    En l'absence de Mr Mort, Mortimer était en charge de la morgue, il a donc décidé de la remettre en ordre. Il m'a demandé de commencer le grand ménage par le sous sol où nous entreposons les cercueils en stock et tous les autres articles volumineux. Il y fait très sombre et c'est un peu effrayant, mais je ne peux nier que j'aime plutôt ça. Alors que je dévalais le long escalier de pierre froide (ce n'était pas le jour pour porter mes beaux talons hauts de 10 cm!), j'aperçus le halo d'une lumière de bougie en face du coin des cercueils. Ça m'a alors frappé; Ils avaient dû attendre jusqu'à aujourd'hui pour m'organiser un anniversaire surprise!

    J'espérais qu'ils m'avaient dupés et que tout le monde était en bas, au sous sol, prêt à me surprendre! Comme c'était excitant! Je pouvais à peine me controler, mais je parvins à me frayer un passage entre les cercueils. Au moment où j'atteignis la lumière, j'étais couverte de poussières et de toiles d'araignée. Mais tout ce que je trouvais, ce fût une bougie que quelqu'un avait laissé brûler. Après avoir surmonté ma déception, Je réalisais que cela aurait pu mettre le feu à la morgue. Je jetais mes chaussures et me dirigeais vers l'étage pour dire à Mortimer ce que j'en pensais! Je grimpais les escaliers aussi vite que je le pus et ouvris grand la porte, cognant Mouette, qui se tenait de l'autre coté; Et je découvris qu'un énorme gâteau d'anniversaire trônait au centre de la pièce. Juste après, Mr. Mort, Madame Daisy, Mouette (bien que couverte de glaçage), Valentine, Bella, et même Mortimer, crièrent "SURPRISE"! J'étais là, pieds nus, sale et couverte de toiles d'araignée, mais cela m'était égal, car ils s'étaient tous souvenus de mon anniversaire.

    Et dans l'excitation de ma surprise party, j'oubliais complètement la bougie qui brûlait au sous-sol.

    Inutile de dire que la brigade des pompiers d'Ipswich s'est finalement invitée à ma fête d'anniversaire. Ce fût un de mes plus beaux anniversaires... on a littéralement failli mettre le feu à la ville.

    Affectueusement, Evangeline.

     

    25 Avril 1947

     


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    18 Août 1947: An Imaginary Life

     

    Cher journal,

    Quelle journée! Madame Daisy a encore dû s'absenter de la ville et m'a demandé si je voulais bien garder sa maison pour elle. Elle fait des affaires avec un spectacle itinérant et avait besoin que j'aille chez elle et que je prennes soin d'un certain nombre de choses. Donc plus tôt dans la journée, mouette et moi y sommes allées, avons arrosé les plantes et pris le courrier.

    Ce n'est pas un secret que j'ai toujours aimé la façon dont Madame Daisy s'habille. Et puisqu'elle n'était pas là, je décidais d'aller dans sa penderie et de jeter un oeil sur sa garde-robe. Mouette, toujours "petite maman", pensait que c'était une mauvaise idée. J'essayais toutes sortes de toges et de turbans, chaque nouvelle tenue étant plus belle que la précédente. Au moment où je me glissais dans une belle et longue toge de couleur or et que je mettais son turban assorti; on frappa à la porte. Et alors que j'ouvrais la porte, je me retrouvais nez à nez avec un homme étrange qui demanda à parler à Madame Daisy. Il me prit pour elle, je le suivis à l'extérieur; bien que Mouette fit tout son possible pour m'arrêter. Je m'en fichais, quel mal pouvait-il me faire ?

    L'étranger était grand, brun et entièrement vêtu de noir. Il se présenta comme étant Mr Crawford Bottomside. Il me dit qu'il essayait de retrouver un parent perdu depuis longtemps et  je me demandais si je pouvais lui être utile. Je lui proposai d'entrer et de s'asseoir à la table où Madame Daisy a sa boule de cristal. Tandis que j' écoutais, il me conta une histoire de mort, de désespoir,et d'un bijou nommé "le talisman de la lune sanglante".

    J'étais assise, complètement hypnotisée par son histoire. Il me raconta qu'un homme avait quitté Ipswich plusieurs années auparavant, en amenant toute sa famille et le talisman. Mr Bottomside ne voulait pas me donner les raisons pour lesquelles il voulait tant ce mystérieux bijou. Il me révéla juste qu'il était de la plus grande importance qu'il puisse la localiser.

    Alors que l'histoire touchait à sa fin, madame Daisy entra à l'improviste. Elle était revenue un jour plus tôt car elle n'avait pas emporté assez de turbans avec elle. Quand Mr Bottomside réalisa que je l'avais dupé, il s'enfuit de la maison et disparu dans les rues d'Ipswich.

    Je racontais à Madame Daisy son histoire et lui avouais ce que j'avais fait. Bien qu'elle semblait un peu furieuse, elle me laissa garder la toge et le turban car ils m'allaient vraiment bien.

    Enfin, pour ça, et peut être aussi à cause de la sauce au chocolat que j'avais renversé dessus alors que je nous préparai, à Mouette et à moi, une grand coupe de glace à la chantilly. Bizarrement, Mouette ne sembla se souvenir de ma descente dans le frigo de Madame Daisy.

    Affectueusement, Evangeline.

     

    18 Août 1947: An Imaginary Life

     

     

    18 Août 1947: An Imaginary Life

    Photos ©Wilde Imagination, Inc.

     


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